Salud !
C'est ainsi que tu terminais chacune de nos conversations.
Mon Jako, tu es parti si soudainement ...
Tu paraissais infatigable et si éternel que je n'imaginais pas écrire un jour, un texte à la mémoire de celui que je considère comme un père.
Mon Jako, il y a 38 ans, lorsque j’ai franchi la porte du bureau de l'USMA Foot à l’Île des Vannes et que je suis tombé sur toi, je n'imaginais pas la relation qui naissait entre nous.
De la famille Marchand, tu es le premier que j'ai connu. Je n'ai rencontré Rémi et Fabien qu'après les avoir côtoyés dans le club pour lequel tu as consacré une grande partie de ta vie.
Malheureusement, le 19 juin dernier, en nous quittant, une page s'est tournée fermant avec elle un livre dont je garderai à jamais l'histoire en tête.
Alors que les livres d'histoire retiennent les personnages qui ont façonné le monde, ma mémoire elle, retiendra un Monument.
Ce mot résume à lui seul, la grande figure que tu étais à Saint-Ouen et qui a fait l'histoire de cette ville de par ta fidélité et ton engagement sans limite.
Un Monument qui imposait le respect et à qui le journal l'Humanité a rendu hommage le 22 juin.
Hommage à un homme animé d'une profonde humanité, le jour où le journal consacre sa une à l'entrée de Marc Bloch au Panthéon. Tout un symbole pour le modèle de résistance et de combativité que tu as été pour moi.
Toi aussi mon Jako tu entres au Panthéon. Mais au Panthéon de mon cœur ❤️.
Merci pour tout Jako, pour ta gentillesse, ta générosité, ta bienveillance, ta disponibilité, ton aide précieuse qui m'a permis d'entrer à la RATP, ton accueil à Llançà, les fous rires que tu m'as provoqués et pour les valeurs que tu as toujours défendues.
Si je dois retenir des choses de toi, je retiendrai deux phrases et des images qui reflètent la personne que tu étais : à la fois déterminé, et bon vivant.
La première phrase que je retiendrai est celle que tu m'as dite au téléphone le 2 janvier dernier : " la lutte, le combat, c'est une nécessité, un état d'esprit."
État d'esprit que tu as gardé jusqu'à ton dernier souffle et que je m'efforcerai de conserver à mon tour.
La seconde phrase est une dédicace faite sur le journal l'Humanité que tu as offert à mon fils en Espagne, le 19 août 2022, et sur lequel tu as écrit : "à Massinissa pour qu'il s'empare de la réflexion contradictoire". Avant de compléter verbalement que c'était également valable pour moi. 🤣
Tu ne le sais pas mais de cette dédicace, j'en ai fait des sets de table pour que chaque jour, ta mémoire nous accompagne pendant nos repas.
Quant aux images, ce sont tous ces souvenirs de fous rires au foot, au restaurant ou chez toi, devant ton traditionnel poulet frites haricots verts.
Tout comme je n'oublierai jamais la fois où Éveline, voyant ton bronzage de cycliste à Llançà, t'a comparé à un playmobil provoquant ainsi un fou rire général. Je n'oublierai pas non plus notre partie de pétanque mémorable en Espagne lors de laquelle tu étais en rogne contre mon fils qui n'écoutait pas tes conseils et qui lui a valu ta dédicace. 😂
Mon Jako, tu aurais eu 90 ans l'an prochain. À cette occasion, j'avais prévu de traverser les Pyrénées à la marche pour venir à ta rencontre à Llançà.
Alors même si la vie en a décidé autrement, cette marche je la ferai malgré tout, non plus pour te retrouver, mais à ta mémoire.
Bon voyage mon Jako. Après toute une vie consacrée au militantisme, à la défense de tes convictions et au combat contre les injustices de ce bas monde, le temps est venu pour toi de rejoindre ta chère Éveline pour un repos éternel.
Salud mon Jako, repose en paix. 🙏